Nouvel article: Wathever works

Affiche officielle du film
Mis en ligne un peu en retard, voici la critique du tout dernier Woody Allen, Wathever works, dans lequel le réalisateur renoue avec New York, après avoir réalisé quatre films en Europe, le dernier en liste étant le délicieux Vicky Cristina Barcelona, prenant place à … Barcelone!
Critique du dernier film de Woody Allen, une délicieuse névrose
Après un exil en Europe de près de quatre ans, Woody Allen est de retour à New York. Il reprend son thème fétiche dans cette comédie où New York devient le théâtre d’un amour hors du commun.
Après la beauté d’un ménage à trois dans Vicky Cristina Barcelona, il explore ici une relation entre une jeune épouse et un homme âgé, persuadé que le hasard fait bien les choses, répétant inlassablement « wathever works ». L’amour ne serait qu’une heureuse combinaison entre la chance et ce « wathever works»…
Dans cette comédie noire, Larry David campe Boris Yellnikoff, un génie qui a presque gagné un prix Nobel de physique quantique, névrosé, sarcastique, aux fréquentes attaques de paniques et aux tirades cyniques à n’en plus finir. Sa vie sera chamboulée par l’arrivée d’une jeune fille du sud, un peu naïve, simple d’esprit et facilement impressionnable, Melody St. Ann Celestine (Evan Rachel Wood).
Leur relation prend une direction inattendue lorsque, contre toute attente, ils se marient. Mais chacun y trouve pour son compte dans cette relation un peu bizarre : la joie de vivre de Melody égaye les journées de Boris, alors qu’elle-même n’est pas peu fière d’être mariée à un génie. Le lien qui unit ces deux personnages doit tout au jeu respectif des acteurs qui les interprètent. En plus d’être complètement séduits par l’interprétation de Larry David, qu’on pourrait croire réellement névrosé tellement il incarne à merveille la personnalité unique et surprenante de Boris. Evan Rachel Wood n’est pas non plus à négliger, dans son rôle de jeune fille énergique et candide. Elle est splendide et radieuse et le personnage de Melody n’en est que plus complet.
Boris est quant à lui hilarant et on ne peut s’empêcher de s’esclaffer : sous ses airs revêches se cache un grand cœur qu’il laisse paraître à quelques occasions lorsqu’il se retrouve face à Melody. La scène la plus délicieuse est sans nul doute celle où Melody lui présente Perry, un jeune homme dont elle a fait connaissance alors qu’elle promenait des chiens. Boris se montre surprotecteur auprès de la jeune femme, questionnant Perry de la façon même qu’un père agit envers sa fille, conseillant à Melody de faire gaffe et d’être prudente.
Alors qu’on pensait que tout avait été dit sur l’amour, Woody Allen trouve un nouveau moyen d’explorer ce sentiment complexe…
Chéri de Stephen Frears
Adaptation cinématographique de Chéri et The last of Chéri par Colette, mettant en vedette Michelle Pfeiffer, Kathy Bates et Rupert Friend à l’affiche dès le 26 juin
Chéri nous entraîne dans le Paris de la Belle Époque, lorsque les classes aristocratiques étaient à leur sommet, se vautrant dans les loisirs et la richesse, tout juste avant leur déclin lors de la Deuxième Guerre mondiale. Période de l’histoire où les courtisanes étaient chose du commun, où les mariages étaient la plupart du temps un arrangement entre deux familles et où l’amour n’avait que très rarement sa place…
À 49 ans, Léa de Lonval (Michelle Pfeiffer), courtisane très appréciée et enviée de Paris, songe à se retirer. Lors d’une visite chez Madame Peloux (Kathy Bates), cette dernière lui fait part de ses inquiétudes face à son fils de 19 ans, Fred (Rupert Friend), qui semble ancré dans une jeunesse perpétuelle. Léa prendra donc celui que l’on surnomme Chéri et qui pourrait être son propre fils, sous son aile. Mais 6 ans plus tard, ils vivent encore ensemble, défiant toutes les conventions de l’époque.
Puis, un jour, sans avertissement, Charlotte organise un mariage pour Chéri avec une fille de son âge, Edmée (Felicity Jones). Ni l’un ni l’autre ne s’attendait à vivre cette rupture si difficilement…
Michelle Pfeiffer semble parfaitement à l’aise parmi tous ces sublimes décors et ces encombrants costumes, pourtant magnifiques. Mais surtout, elle irradie : elle est exquise et radieuse. Celui qui interprète son jeune amant, Rupert Friend, est parfait dans son jeu. Après avoir incarné Mr. Wickham dans l’adaptation de Pride and Prejudice en 2005, le rôle de Fred Peloux ne pouvait trouver meilleur interprète. Friend joue irréprochablement le côté frivole, dépendant de Léa et élégant de Chéri.
Il serait bête d’oublier de mentionner l’actrice campant la très colorée Charlotte Peloux, Kathy Bates. Cette dernière intègre à merveille l’aspect manipulateur de la personnalité de Mme Peloux et ce petit air ridicule qui ne la lâche pas. On ne peut s’empêcher de s’esclaffer, tant le ridicule de cette ancienne courtisane ayant perdu beauté et séduction est flagrant et bien mis en évidence par le jeu de Kathy Bates.
Outre une distribution rêvée, Chéri jouit aussi d’une surprenante équipe de production, qui contribue grandement à la réussite totale du film. Le réalisateur, Stephen Frears, et le scénariste, Christopher Hampton, ont tous deux collaboré sur le succès de 2006, The Queen. Dans le registre historique, Hampton a également adapté Atonement (avec la petite amie de Friend, Keira Knightley). Afin de rendre l’atmosphère encore plus réelle, un maquilleur et une costumière ayant fait leurs preuves sur les plateaux de The Queen se sont chargés de donner vie à Léa, Charlotte, Chéri, Edmée et tous les autres.
À ne pas manquer si les costumes d’époque, les décors et la vie du début des années 1900 de Paris vous enchantent!
Nouvel article: Llouis qui tombe tout seul

Couverture du roman, réédité aux Éditions Alain Stanké, Collection 10/10
Critique du roman paru en 2006 aux Éditions Alain Stanké et réédité en 2009 dans la collection 10/10
Llouis avec deux L (parce que son père aimait les Anglais, les Lloyd, les Lleyton et les autres) gagne pour la première fois de sa vie avec un billet de loterie. Et il gagne… à vie. Il quitte son emploi et prend la décision de rester enfermé, seul avec son téléviseur, seul avec lui-même.
Puis, un jour, il perd la manette de sa télévision. Quatre années ont passé. Quatre années pendant lesquelles il n’a pas mis le nez hors de chez lui, pendant lesquelles il n’a eu aucun contact avec le reste du monde. Et il décide de sortir.
Le thème de la solitude est un thème récurrent aujourd’hui, mais Matthieu Simard le traite différemment, d’un autre angle. Llouis recherche au départ son isolation, la crée volontairement, alors qu’habituellement, on ne cherche qu’à la combler, à tout prix. « J’avais prévu, au départ, m’enfermer un peu, le temps de récupérer. Redevenir moi-même hors du bureau, profiter de l’argent gratuit chaque semaine, retomber sur mes pieds en quelques semaines. Et après, j’étais censé recommencer à voir du monde, ressortir, revoir l’extérieur et ravoir une vie. Mais la solitude, on y prend goût. »
Et lorsque Llouis sort de chez lui après quatre années d’enfermement, il se met à la recherche d’un ami, coûte que coûte. Mais sa quête est différente, comme s’il avait perdu tous ses repères. Il doit réapprendre à vivre dans ce monde qu’il avait abandonné. Il est seul, égaré parmi la foule, sans comprendre le monde qui l’entoure. Rien pour le retenir, rien pour l’empêcher de tomber.
Et tout au long du roman, Llouis tente de combler cette solitude qu’il a d’abord lui-même recherchée. Mais il est différent, il ne réagit pas comme les autres. Il est troublé par les gens autour de lui. Il cherche partout, naïf : au dépanneur, à la clinique, à l’épicerie et dans les rues. Tous ceux qu’il croise sont des amis potentiels. Lorsqu’il croit avoir trouvé, il commet une série de bêtises qui lui font perdre cette amitié si durement dénichée. Et chaque fois, c’est la colère qui le gagne, la rage d’avoir encore échoué, mais surtout, que cette personne n’ait pas voulue de lui comme ami.
On croirait être en présence d’un enfant, tellement Llouis est naïf dans sa quête. « J’étais redevenu un enfant, sans m’en rendre compte, les besoins instantanés, l’incompréhension face au monde, ce monde qui avait changé, ça c’était vrai, le monde avait changé, mais moi aussi. »
Et tout au long de la lecture, on se dit que sa quête n’en est finalement pas une, puisqu’il a déjà trouvé son amie, en Barbabarara. De plus, tout dans cette écriture invite à la chute qui guette Llouis. Llouis qui parle trop vite et oublie les règles de ponctuation les plus élémentaires, mais également Barbabarara qui vient freiner cette chute par ces mots qu’elle allonge et étire sans fin.
Llouis qui tombe tout seul, c’est une aventure dans un monde à part, une incursion dans la tête d’une personne qui se différencie de la masse. Une aventure dans la névrose, dans laquelle on entre d’un pas de géant.
Nouvel article: Critique du film Pour Elle
Voici mon tout dernier article à être paru chez Soundbeat Mag. Le film prend l’affiche aujourd’hui même au cinéma.

Pour elle, avec Vincent Lindon et Diane Kruger et réalisé par Fred Cavayé.
Lisa (Diane Kruger) est injustement condamnée à 20 ans de prison pour meurtre. Julien (Vincent Lindon) croit en son innocence et usera de tous les moyens à sa portée pour faire libérer sa femme, mais le verdict final tombe, quelque trois années plus tard : le manque de preuve inculpe Lisa et force la fermeture de son dossier.
Avec leur fils, Julien n’a jamais abandonné, visitant sa femme chaque semaine, tenant le coup, attendant le jour où sa famille serait enfin réunie. Puis, un jour, l’espoir s’éteint. Du moins… légalement parlant. Il échafaudera alors un plan sans failles apparentes, qu’il mettra des mois à perfectionner.
L’histoire, on la connaît déjà. L’évasion de prison a été exploitée maintes et maintes fois. Pour elle fait même penser très fortement à la télésérie américaine Prison Break, à quelques différences près. Et si j’avais à choisir, je prendrais le feuilleton télévisé. Tout d’abord, parce que Michael Scofield est un ingénieur en génie civil qui possède les connaissances nécessaires pour mener son plan à bon terme, échafaudé à l’aide de ses notions, contrairement à Julien qui est un enseignant, quelqu’un « comme tout le monde », tel que souligné dans le film.
Bien sûr, on entre rapidement dans l’histoire, qui nous captive : on veut savoir si la machination de Julien réussira, alors que des éléments viennent lui nuire. Les émotions sont palpables, on peut sentir la nervosité des personnages, que l’on ressent nous-mêmes. La détresse et la peine sont également bien retransmises, surtout en ce qui concerne Julien. Vincent Lindon joue à perfection son rôle de mari persuadé de l’innocence de sa femme.
Malgré tout, l’ensemble ne convainc qu’à moitié. Le tout se déroule rapidement, on a plus ou moins connaissance de la vérité en ce qui concerne le meurtre dont est accusée Lisa. De plus, il manque un énorme morceau au niveau de l’enquête menée par la police. Ça semble expéditif, comme s’il n’y avait eu aucune investigation, ou à peine. Mais surtout, plusieurs éléments en ce qui a trait au plan de l’évasion échafaudé par Julien sont louches.
Et ce n’est qu’au niveau de l’histoire, car si on s’attarde à l’image, le constat est encore plus négatif. Médiocre, terne et fade, elle ne mériterait même pas d’être soulignée, tellement il n’y a rien à dire. Et pourtant, Hollywood a acheté le scénario pour en faire un remake.
À louer un dimanche après-midi froid et pluvieux, si le club vidéo au coin de la rue n’a rien de mieux à proposer… Sinon, ça ne vaut pas vraiment le prix de la location.
Nouvel article: Easy Virtue (V.F. Un mariage de rêve)
Dernière critique cinéma jusqu’à maintenant: Easy Virtue, un film de Stephan Elliott, inspiré d’une pièce de Noel Coward.
Vendredi prochain paraîtra mon article sur le film de Fred Cavayé, Pour Elle. J’ai également reçu le livre Histoires indiscrètes d’une famille sans histoire et Llouis qui tombe tout seul. J’attends également Manifestement vert et Love Code, qui sont aux bureaux de Soundbeat Mag. Je devrais également avoir une entrevue pour Manifestement vert.
Easy Virtue (V.F. Un mariage de rêve) avec J. Biel, B. Barnes, C. Firth et K. S. Thomas
John Whittaker (Ben Barnes) épouse Larita (Jessica Biel), une Américaine avant-gardiste pilote de course rencontrée au Grand Prix de Monte-Carlo. Lors d’une visite au domaine familial des Whittaker, la guerre est déclenchée. Larita, qui détonne dans la famille de son mari, est froidement accueilli par Mrs Whittaker et ses deux filles, Hilda et Marion. La guerre est déclarée. Les coups sournois fusent, jusqu’au jour où les lourds secrets sont déterrés…
Adapté d’une pièce de Noel Coward parue en 1924 et qui a également été l’objet d’un film muet réalisé par Alfred Hitchcock en 1928, Easy virtue (v.f. Un Mariage de rêve) nous transporte dans l’Angleterre des années 1930, dans une famille de la haute société britannique qui croule sous les dettes et vit dans un monde désormais révolu. Le film oscille entre un récit d’époque, avec les costumes et les répliques tout droit sorties d’un classique shakespearien, et d’un film actuel et moderne. Une touche d’actualité certaine nous éloigne des films d’époque ennuyants à mourir, mais les décors et l’histoire sont là pour nous rappeler le lieu et le temps durant lequel se déroule le film.
Certains plans et mouvements de caméras sont très artistiques et ne représentent en rien ce qu’on retrouve habituellement dans les films d’époque et qui apporte cette légèreté moderne au film. C’est également ce qui apporte sa magie au film, qui lui donne un aspect particulier, un petit quelque chose.
L’histoire est intemporelle. Après tout, une relation difficile entre une belle-mère et sa belle-fille est une histoire qui pourrait avoir lieu à n’importe quel endroit dans le monde et à n’importe quelle période de l’histoire. Et c’est probablement ce qui a permis au réalisateur, Stephan Elliott, de déroger à l’aspect historique et film d’époque qui était si présent dans la pièce originale.
Les acteurs Jessica Biel et Ben Barnes sont fabuleux et resplendissent dans cette maison aux habitants ternes et sans couleurs. Leur bonheur irradie l’écran et leur jeu est parfait. La transition entre la joie des débuts et le désarroi, une fois la vérité découverte, se fait parfaitement dans les deux cas. Colin Firth, qui interprète Mr Whittaker, un drôle de spécimen qui semble avoir décroché complètement de la réalité, semble parfaitement à l’aise dans son rôle. Et Kristin Scott Thomas a trouvé le moyen de resplendir malgré ses habits ternes et son teint cireux.
Easy virtue (v.f. Un Mariage de rêve) est un magnifique compromis entre les amateurs de films d’époque et les comédies actuelles.
Nouvel article: Millenium, le film
Bon, qui n’a pas déjà entendu parler de la triologie suédoise, Millenium? Qui a essayé d’avoir les bouquins à la bibliothèque et a abandonné après plusieurs mois d’attente? Beaucoup d’entre vous? Je n’en doute pas une seconde! Maintenant, il existe une alternative: le film. Je vous laisse avec la critique!

Millenium, un film de Niels Arden Oplev avec Michael Nyqvist et Noomi Rapace
Un journaliste suédois, Mikael Blomkvist, est condamné pour diffamation après avoir publié dans la revue Millenium des articles compromettants sur un homme important du milieu financier suédois. Avant d’être emprisonné, Henrik Vanger, une figure centrale de l’industrie suédoise, fait appel à ses services afin de faire la lumière sur une disparition survenue il y a près de 40 ans, mais qui le hante encore, année après année.
Embûches, manque de coopération et ennemis inconnus certains, Mikael Blomkvist en verra de toutes les couleurs lors de son enquête. Aidé par Lisbeth Salander, une pirate informatique surdouée à la personnalité unique et au lourd passé, il tentera d’élucider le mystère coûte que coûte… même au prix de sa vie.
Si vous n’avez pas lu le roman au préalable, ne vous inquiétez pas : la transposition du livre à l’écran est réussie et il en résulte qu’aucune zone d’ombre ne viendra compliquer ou entraver votre compréhension du film. Malgré tout, certains éléments ont dû être retirés au moment de l’écriture du scénario. On évite ainsi la liaison entre Cecilia Vanger et Mikael Blomkvist, son séjour en tôle, sa lutte contre Wennerström qui prend fin lorsque le film débute ainsi que sa relation avec Erika, qu’on laisse sous-entendre lors d’une scène tout au début de l’histoire.
Larsson est un des premiers à s’être attaqué aux groupuscules nazis en Suède. L’association avec son personnage, Mikael Blomkvist est donc plus qu’évidente. Par contre, on délaisse ce côté sociopolitique, présent davantage dans le roman, pour faire plus de place à l’action principale : le mystère qui entoure la disparition d’Harriet Vanger, que Blomkvist doit résoudre avant d’être emprisonné.
L’intrigue complexe du film permet de ne pas en deviner à l’avance son dénouement. On y est plongés et il nous est impossible de s’arrêter, ce qui fait la beauté de ce film et qui explique peut-être même le succès fou du roman. Une seule chose pourrait lui être reprochée, et c’est la complexité des liens entre les différents membres de la famille Vanger, évoquée trop rapidement. Lorsqu’on y revient un peu plus tard dans le film, on doit attendre des explications afin d’être certains d’associer le bon personnage au bon rôle.
Néanmoins, Millenium : les hommes qui n’aimaient pas les femmes est délicieux et s’adresse autant aux fans avertis, ceux qui ont déjà fait le grand saut dans l’univers de Larsson par la lecture de ses romans, qu’à ceux qui ne demandent qu’à être invités dans cette folie entourant la trilogie. Ceux ayant lu le livre au préalable ne seront pas déçus par ce premier volet, la transition étant fidèle. Et puisqu’on y retrouve l’essentiel du roman, l’initiation de néophytes sera parfaite.
Nouvel article: J’ai tué ma mère
Si vous sortez à peine de l’adolescence, vous allez peut-être vous reconnaître dans ce film, tout comme j’ai trouvé qu’il aurait pu raconter ma propre histoire de bataille constance contre ma mère, lorsque j’étais adolescente. J’ai été époustouflée par ce film, et j’en suis sortie avec l’envie d’appeler ma mère, de lui dire combien je l’aime et que je m’excuse pour toutes les guerres inutiles, que ça ne change rien au fait qu’elle est une mère extraordinaire et que je l’aime. J’étais sceptique, au début, je l’avoue. Mais je vous recommande chaudement à tous d’aller voir le premier film du cinéaste québécois Xavier Dolan, J’ai tué ma mère.
En voici la critique:

J'ai tué ma mère, réalisé par Xavier Dolan, avec Anne Dorval
Réalisé par le jeune comédien et cinéaste québécois Xavier Dolan, prendra l’affiche au Québec le 5 juin 2009. L’histoire est celle d’une relation difficile entre un adolescent (Xavier Dolan) et sa mère (Anne Dorval). À 17 ans, Hubert Minel, un homosexuel rebelle et marginal, n’en peut plus : il déteste sa mère, ses goûts, ses idées, ses habitudes. Un délicieux paradoxe s’installe dans cette relation entre la mère et l’ado. Alors qu’il constate que son chum entretient un lien idyllique avec sa propre mère, Hubert tente de l’imiter, ce qui n’aura que pour résultat d’échouer lamentablement. S’enracine alors une guerre ouverte entre les deux clans, un duel entre mère et fils où l’extérieur peine à les effleurer et où perce tout de même l’amour, de temps à autre.
Toujours un peu sceptique lorsqu’un film est acclamé de cette manière, j’arrive au cinéma un peu à reculons, de peur d’être déçue, d’avoir mis trop d’attentes dans ce visionnement, d’avoir imaginé que ce serait LE film du siècle… ce qui arrive beaucoup plus souvent qu’à son tour. Par contre, quand je me suis assise pour voir la représentation de J’ai tué ma mère, j’ai été conquise… dès les touts premiers instants.
Traînant mon adolescence pas si loin que ça derrière moi, des souvenirs m’ont assailli dès les premières scènes : les chicanes stupides avec ma propre mère, les engueulades où tout était sujet à rouspéter. Je n’ai pu m’empêcher de pousser un soupir et de m’enfoncer dans mon banc pour savourer ce film que les premières minutes laissaient présager un franc succès dans mon cœur. Et c’est peu dire.
Tout est réussi, tout est parfait. Que ce soit le jeu des caméras et de ses décadrages, qui arrivent tout juste à nous déstabiliser et nous faire apprécier la beauté pure de l’image que l’interprétation d’Anne Dorval et Xavier Dolan, qui se donnent parfaitement la réplique, J’ai tué ma mère est exquis. Même si certaines crises ont l’air un peu trop poussées, on pardonne facilement, passant rapidement à autre chose. La musique est sublime et s’harmonise à merveille avec l’histoire et ce qui y est raconté. Sans oublier l’univers que Dolan réussit à créer avec la lumière, tout au long du film. Je pense ici en particulier à la scène où il éteint les lampes et se retrouve dans un salon plongé dans le noir ou encore l’univers clos, fermé au monde extérieur, à l’éclairage tungstène chez sa mère qui rivalise avec le vif éclairage naturel chez Antonin, donnant quant à lui l’impression d’irradier les personnages, qui semblent alors plus énergiques et plus joyeux que chez Hubert.
On serait plusieurs à pouvoir se reconnaître dans ce récit troublant, marquant. L’histoire d’Hubert et de Chantale pourrait être celle de bien d’autres adolescents et de leurs parents… Et c’est très certainement là que se cache la recette du succès, le coup final, là où notre dernière barrière subsistait.
La critique sur le site: Ici
La critique sur Soundbeat Mag: Ici
Nouvel article: Pirates, à l’abordage!
Les articles sont publiés tellement rapidement que je n’ai pas le temps de tout mettre à jour au fur et à mesure. Alors voici ma critique de l’exposition temporaire du Musée Pointe-à-Callière, sur les pirates. Dommage que la journée des Musées soit passée, car je vous aurais dit de vous précipiter à cette exposition, qui nous replonge en enfance!

Le Musée Pointe-À-Callière accueille l'exposition temporaire Pirates, corsaires et flibustiers
Du 20 mai 2009 au 3 janvier 2010, le Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal Pointe-à-Callière, situé au Vieux-Port de Montréal, est pris d’assaut par les pirates, dans le cadre d’une exposition temporaire; Pirates, corsaires et flibustiers.
Retombez en enfance, plongez dans vos rêves anciens de pirates et de navires en visitant la toute dernière exposition du Musée d’archéologie et d’histoire de Montréal, dédiée aux hors-la-loi, qui ont navigué sur les eaux entourant la côte est de l’Amérique du Nord et des Caraïbes du 16e au 19e siècle. Pour l’occasion, un pont de navire-pirate, le Pointe-à-corsaire, a été reproduit à l’intérieur même de la bâtisse.
L’aventure débute sur le quai, où les futurs aventuriers marins doivent s’enregistrer avant d’embarquer sur le bateau Pointe-à-Corsaire. On pénètre ensuite dans la cuisine, le coin des hommes, du chirurgien-apothicaire et de l’arsenal. Divers objets sont exposés, accompagnés de légendes, racontant son histoire et son utilisation.
On entre par la suite sur le pont du Pointe-à-Corsaire, où nous trouvons la proue et le gibet. On nous y fait le récit de la vie d’un pirate, nous y présente quelques visages célèbres qui ont semé la terreur sur les eaux du monde entier, sans oublier leurs armes, les voiles de leurs bateaux, leurs animaux de compagnie…
Puis, en dernier lieu, le Capitaine nous ouvre les portes de sa cabine afin de nous faire découvrir son butin.
L’exposition est magnifique : la construction du pont nous donne réellement l’impression d’être sur un navire, impression amplifiée par les sons diffusés en permanence, évoquant les bruits de la mer et du bateau voguant sur les océans. Diverses interactions sont parsemées sur le chemin des nouveaux pirates et ce côté divertissement est très apprécié, tout au long de la visite : des jeux, des devinettes, des films projetés sur les voiles du navire et autres petites activités sont au rendez-vous.
Ces divertissements sont d’ailleurs les bienvenus pour entrecouper la lecture (trop) abondante. En effet, un long texte accompagne chaque article. Bien qu’ils soient très intéressants, cela ralentit énormément la tournée, et occasionne parfois des bouchons de circulation devant les objets exposés. Le lieu de l’exposition n’est pas grand et le tour pourrait en être fait rapidement, mais si on prend le temps de lire chaque panneau, de regarder chaque vidéo et de participer à toutes les animations posées sur notre chemin, la visite prend près d’une heure trente.
Mais Pirates, corsaires et flibustiers en vaut le coup : pour tous les amateurs de pirates, jeunes et moins jeunes, le Pointe-à-Corsaire n’est pas à négliger. On y retrouve des classiques, tels que l’Île de la Tortue et Barbe Noire. Mais on y apprend également beaucoup : l’histoire des pirates d’ici, la place des femmes dans la piraterie, la signification des différentes voiles de navires et à qui elles appartenaient, l’évocation des plus grands pirates ayant navigué sur les mers, etc.
Larguer les amarres et tous à l’abordage sur le Pointe-à-Corsaire du 20 mai 2009 au 3 janvier 2010!
Nouvel article: L’enfant, de Caroline Montpetit
Voici finalement ma critique du recueil de nouvelles de la journaliste du Devoir, Caroline Montpetit, intitulé L’enfant.
De nouveaux articles devraient être publiés sous peu, je viens tout juste de les envoyer. Il s’agit d’une critique du film J’ai tué ma mère, du réalisateur québécois Xavier Dolan, récompensé trois fois à la quinzaine des réalisateurs au festival de Cannes, une critique de l’adaptation cinématographique du roman Millenium: les hommes qui n’aimaient pas les femmes, de l’auteur et journaliste suédois, feu Stieg Larsson. Puis, finalement, un retour sur l’exposition Pirates, corsaires et flibustiers présentée jusqu’en janvier 2010 (si je ne m’abuse) au Musée d’architecture et d’Histoire de Montréal, le Musée Pointe-à-Callière.
Je devrais également aller voir deux visionnements de presse la semaine prochaine, soit Un mariage de rêve de Stephan Elliott et Pour elle de Fred Cavayé. Et si tout va bien (lire: si je ne travaille pas) je devrais participer, le 9 juin, à une croisière archéologique en Montérégie. J’ai l’impression de partir en expédition! À moi les bottes des caoutchouc et l’imper jaune canard! Hihi!
Bon, trève de bavardage, je vous laisse lire ce que j’ai pensé du recueil de Caroline Montpetit!

La page couverture du nouveau recueil de la journaliste Caroline Montpetit
Caroline Montpetit possède une écriture simple, mais très jolie. Dans son nouveau recueil, intitulé L’enfant, la journaliste du Devoir nous émeut avec de petites histoires mettant en scène des jeunes de partout dans le monde. Une naissance, deux décès, un don de sperme, une adoption et une gardienne marquante. Six nouvelles très courtes, se lisant dans le temps de le dire.
Celle qui donne son titre au livre est très touchante. À peine un peu plus longue que les autres, elle a l’avantage de nous permettre de mieux connaître les personnages et de nous y attacher un peu plus. Dans L’enfant, l’auteur raconte l’histoire d’un orphelin vivant à la gare de Delhi, pris en charge par une guide touristique canadienne. Une histoire qui fait légèrement penser à Slumdog Millionnaire. Amélie sauve le jeune Mitra des foudres d’un policier auquel le garçon s’en est pris. Oubliant la frontière linguistique, elle l’emmène avec elle dans sa visite guidée à travers le pays, comptant sur l’aide de Gorav, le conducteur, pour les traduire. Malgré les réticences de tous, Amélie s’attache à Mitra et veut le sortir de la rue et de la pauvreté.
Don de soi relate l’histoire d’une jeune fille dont la mère fait appel à un centre de don de sperme afin de réaliser son rêve de devenir mère. Arrivée à un certain âge, Leila veut savoir. Connaître l’origine de la couleur de ses yeux, de ses cheveux, la forme de son nez ou de sa bouche, son teint…
Mémoire interdite, la dernière nouvelle du recueil, est également très touchante. On y raconte l’histoire d’une famille Crie, vivant dans la réserve de Waskassini. La loi obligeant les enfants âgés de six ans ou plus à aller à l’école, Noémie est séparée de Judith, Gilbert, Émile et Éloi, sa progéniture qu’elle aimait profondément. Chaque printemps, une fois l’année scolaire terminée, les enfants reviennent dans leur univers. Puis, un jour, Éloi, le plus jeune, ne rentre pas. Aucune explication sur sa disparition, Noémie demeure sans nouvelles pendant des années. Puis, un jour, une infirmière ayant travaillé dans les pensionnats où étaient envoyés les Indiens donnera les réponses qu’elle attendait.
Les nouvelles de Caroline Montpetit nous vont droit au cœur. Qu’on le veuille ou non, ces histoires d’enfants d’ici et d’ailleurs nous touchent et nous émeuvent. L’enfant se lit très rapidement, mais laisse une marque : on est touchés et bouleversés par tous ces enfants, toutes ces histoires.
L’article sur Soundbeat Mag: Ici
L’article sur Jeuxxdemots.com: Ici
Nouvel article: Sans douceur excessive, de Lee Child
Tel que promis, tel qu’exécuté! Voici mon dernier article à avoir été publié par Soundbeat Mag. Il s’agit d’une critique du tout dernier roman policier de l’auteur Lee Child. J’ai dévoré ce bouquin, littéralement. Je vous en recommande la lecture, pour tous les amateurs du style policier: c’est un délice! J’adore lorsqu’il est impossible de deviner la fin du livre, qu’on nous laisse mijoter… et c’est ce que fais Child!

La page couverture du dernier roman de Lee Child
Jack Reacher, ancien flic de la police militaire américaine est témoin de la prise de possession d’une rançon, destinée aux personnes ayant enlevé la belle-fille et la deuxième épouse d’Edward Lane, anciennement Ranger de l’armée américaine. Dirigeant aujourd’hui une milice privée, Lane est prêt à tout pour retrouver les kidnappeurs.
Une seule condition toutefois : pas de policiers dans le coup. C’est qu’il n’est pas inconnu à ce genre d’actes : sa première femme a également été kidnappée et les flics ont tout raté. À cause de ça, elle a été tuée.
Reacher accepte de seconder Lane afin de retrouver son épouse. Cependant, plus les recherches avancent, plus Jack Reacher a des soupçons sur Lane et ses magouilles. Lane n’est pas à un coup tordu, en plus d’être un as du mensonge, empêchant Jack de connaître toute la vérité au sujet de son nouveau patron. Aidé de Lauren Pauling, ancien agent spécial, Reacher tente de faire la lumière sur ce kidnapping prenant rapidement des allures de complot.
Selon moi, ce qui fait qu’un bon thriller est captivant, c’est la manière dont l’auteur nous amène sur des chemins différents, sa façon de brouiller les pistes et de toujours garder des éléments non éclaircis, qui permettent d’entretenir un suspense tout au long de l’histoire. De cette façon, le lecteur n’arrive plus à démêler tous les ingrédients et il lui est ainsi impossible d’élucider par lui-même l’affaire entière. Parce que, vraiment, y a-t-il quelque chose de plus enrageant que de deviner la fin alors qu’on n’est même pas rendus à la moitié du livre?
Dans Sans douceur excessive, Lee Child fait encore mieux : avec ses nouvelles pistes, il nous pousse à en venir à une conclusion, à résoudre une partie de l’énigme, avant de reculer, d’ajouter une autre pièce et de contredire notre propre résolution. Résultat : on ne sait plus où on en est, on n’arrive plus à démêler les indices et notre curiosité, notre avidité à connaître le dénouement de l’enquête particulière que mène Jack Reacher, n’en est que décuplée.
Et une fois que l’on est avisés de l’identité de l’auteur du kidnapping et ses raisons, qu’on a retrouvé la femme et la belle-fille de Lane, l’histoire n’est pas terminée, loin de là. Et Child réussit magnifiquement à nous tenir en haleine malgré que le dossier soit résolu, et ce, jusqu’à la toute fin du roman. On n’est satisfaits qu’une fois la dernière page lue et le livre refermé.
Le seul bémol, c’est qu’il est parfois compliqué de s’y retrouver dans ces histoires d’armée, de polices et d’agents spéciaux américains, si l’on n’est pas au courant des niveaux et des différences entre chacun. Cependant, cela n’entrave aucunement la compréhension globale de l’énigme.
Il faut également accepter d’emblée que le personnage principal soit imbattable, sur tout : il devine tout, comprend tout et réussit à trouver tout ce qui l’intéresse plus facilement et rapidement que n’importe quel autre personnage.
L’article sur Soundbeat Mag: Ici
L’article sur Jeuxxdemots.com: Ici


