Ichi
Le dernier film de Fumihiko Sori était présenté au Cinéma Banque Scotia de Montréal le 28 novembre dernier
Ichi (Haruka Ayase), une jeune femme aveugle d’une beauté sublime, erre seule, de village en village, à la recherche de son père. Possédant un talent exceptionnel dans l’art de manier l’épée, elle sauve Toma (Takao Ôsawa), un samouraï errant, du redoutable clan Banki-To. Rejoint par le chef d’une bourgade voisine, Toma est alors élevé en héros et se voit attribuer la lourde tâche de défendre les villageois, sur le point de tomber aux mains de Banki et de son clan. C’est dans un village armé jusqu’aux dents, prêt à parer une violente attaque, qu’Ichi aura la chance de trouver ce qu’elle cherche depuis si longtemps… et bien plus encore.
Sans contredit, le film est d’une beauté technique incroyable. Non seulement les plans d’ensemble sur les paysages avoisinants sont à couper le souffle, mais aussi, les scènes de combat sont éblouissantes et très artistiques. Tournées au ralenti, elles sont d’une esthétique parfaite, ce qui donne au film une atmosphère particulière. Atmosphère rythmée par la musique douce et sereine, en parfait contraste avec l’aspect central du film, qui est élevée d’un cran, au rang d’art.
Complètement remaniée, l’histoire d’Ichi est reprise d’un film de 2001, qui présentait plutôt le parcours d’un homme. Le personnage principal change donc de sexe, mais est également aveugle. À ce sujet, Haruka Ayase joue son rôle à merveille : elle est très convaincante en aveugle et attire sympathie et pitié, ce qui n’existait pas dans le premier film. Son jeu colle à la perfection à l’atmosphère du film, tout en étant la pierre angulaire par sa musique : une voix sublime, douce, qu’elle accompagne de son shamisen, une guitare japonaise à trois cordes.
Si Ayase remplit son rôle extraordinairement, Shido Nakamura, qui interprète le prétendument redoutable Banki, échoue à la tâche. Son jeu est faible et ne donne pas l’impression de terreur qui devrait nous saisir lorsqu’il apparaît à l’écran. Il exagère à un point tel que Banki n’est plus craint, mais nous fait plutôt hausser les sourcils : son personnage en est rendu par ce fait moins crédible et tombe davantage dans la mauvaise caricature.
En somme, ICHI nous sort de désastreux films d’arts martiaux américains où les personnages sont invincibles et réussissent des coups complètement impossibles avec une aisance incroyablement surfaite. Non seulement, il nous change sur cet aspect, mais sa réalisation est extraordinaire et nous permet d’apprécier la culture japonaise, ses paysages, d’une beauté sublime.
ICHI sera disponible en format DVD et Blu-Ray à partir du 22 décembre prochain.

