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Amelia

Critique du film basé sur l’histoire vécue d’Amelia Earhart

Retraçant le destin tragique d’Amelia Earhart, la première femme à traverser l’océan Atlantique en solitaire, la réalisation de Mira Nair propose un film d’une beauté technique incroyable.

La fabuleuse aventure d’Amelia, cette femme que rien ne semblait pouvoir arrêter, débute en 1928, alors qu’elle rencontre celui qui deviendra son agent et mari, George Putnam, qui lui confie la mission de traverser l’océan Atlantique en avion, conduite par Wilmer Stultz et Louis Gordon. Mais ce qu’elle désire plus que tout, c’est d’être la première femme à piloter un avion et traverser l’océan Atlantique. Un rêve grandiose pour l’époque… Qu’elle réalisera avec succès, quatre ans plus tard, en solitaire. Et les exploits se succèdent les uns après les autres, jusqu’à sa disparition dans la région de l’archipel des Kiribati le 2 juillet 1937, au moment où elle tentait d’effectuer le tour du monde à bord de son engin de prédilection.  Cette femme au courage exceptionnel et détentrice d’un nombre de prouesses aériennes incroyables a été déclarée officiellement morte près de deux ans après sa perte tragique, le 5 janvier 1939.

Avec une ressemblance frappante, et troublante, Hilary Swank campe cette femme extraordinaire, née au Kansas en 1897. À ses côtés, Richard Gere (George Putnam) et Ewan McGregor (Gene Vidal), trop peu utilisé, se partagent brillamment l’écran… et le cœur d’Amelia pour un moment.

Si son utilisation de la lumière donne au film, mais surtout aux personnages, une couleur et une radiance magnifique, c’est sans nul doute l’alliage de ces couleurs au noir au blanc qui lui procure sa touche particulière, son attrait principal. Elle rappelle sans cesse au spectateur les faits historiques derrière ce film, l’ancrant dans le passé d’une manière sublime.

Mais si la technique est impeccable, le scénario, lui, déçoit. Le dernier voyage d’Amelia servant de base à cette histoire, on se perd très vite dans tous ces voyages successifs. Une chronologie ratée, des ruptures inutiles, le spectateur est abandonné et en vient rapidement à se demander dans quel ordre tous ces exploits se sont véritablement produits. On demeure en surface, tel un avion survolant les terres, sans toutefois prendre le risque de se poser. Risque qui en aurait grandement valu la peine. On ne pénètre jamais réellement dans le récit, laissant au spectateur une impression d’en savoir à peine plus sur cette femme au parcours pourtant extraordinaire.

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