Skip to content

J’ai tué ma mère

Salué par la critique et récompensé trois fois à la quinzaine des réalisateurs de Cannes

Réalisé par le jeune comédien et cinéaste québécois Xavier Dolan, prendra l’affiche au Québec le 5 juin 2009. L’histoire est celle d’une relation difficile entre un adolescent (Xavier Dolan) et sa mère (Anne Dorval). À 17 ans, Hubert Minel, un homosexuel rebelle et marginal, n’en peut plus : il déteste sa mère, ses goûts, ses idées, ses habitudes. Un délicieux paradoxe s’installe dans cette relation entre la mère et l’ado. Alors qu’il constate que son chum entretient un lien idyllique avec sa propre mère, Hubert tente de l’imiter, ce qui n’aura que pour résultat d’échouer lamentablement. S’enracine alors une guerre ouverte entre les deux clans, un duel entre mère et fils où l’extérieur peine à les effleurer et où perce tout de même l’amour, de temps à autre.

Toujours un peu sceptique lorsqu’un film est acclamé de cette manière, j’arrive au cinéma un peu à reculons, de peur d’être déçue, d’avoir mis trop d’attentes dans ce visionnement, d’avoir imaginé que ce serait LE film du siècle… ce qui arrive beaucoup plus souvent qu’à son tour. Par contre, quand je me suis assise pour voir la représentation de J’ai tué ma mère, j’ai été conquise… dès les touts premiers instants.

Traînant mon adolescence pas si loin que ça derrière moi, des souvenirs m’ont assailli dès les premières scènes : les chicanes stupides avec ma propre mère, les engueulades où tout était sujet à rouspéter. Je n’ai pu m’empêcher de pousser un soupir et de m’enfoncer dans mon banc pour savourer ce film que les premières minutes laissaient présager un franc succès dans mon cœur. Et c’est peu dire.

Tout est réussi, tout est parfait. Que ce soit le jeu des caméras et de ses décadrages, qui arrivent tout juste à nous déstabiliser et nous faire apprécier la beauté pure de l’image que l’interprétation d’Anne Dorval et Xavier Dolan, qui se donnent parfaitement la réplique, J’ai tué ma mère est exquis. Même si certaines crises ont l’air un peu trop poussées, on pardonne facilement, passant rapidement à autre chose. La musique est sublime et s’harmonise à merveille avec l’histoire et ce qui y est raconté. Sans oublier l’univers que Dolan réussit à créer avec la lumière, tout au long du film. Je pense ici en particulier à la scène où il éteint les lampes et se retrouve dans un salon plongé dans le noir ou encore l’univers clos, fermé au monde extérieur, à l’éclairage tungstène chez sa mère qui rivalise avec le vif éclairage naturel chez Antonin, donnant quant à lui l’impression d’irradier les personnages, qui semblent alors plus énergiques et plus joyeux que chez Hubert.

On serait plusieurs à pouvoir se reconnaître dans ce récit troublant, marquant. L’histoire d’Hubert et de Chantale pourrait être celle de bien d’autres adolescents et de leurs parents… Et c’est très certainement là que se cache la recette du succès, le coup final, là où notre dernière barrière subsistait.