Histoires de familles
Critique du film La Famille Wolberg, réalisé par Axelle Ropert
Simon Wolberg est un père de famille aimant, un amoureux fidèle et un maire soucieux du bien-être de ses concitoyens. Un jour, son petit monde équilibré bascule : sa femme le trompe et n’est plus heureuse avec lui et sa fille, qui fête bientôt ses 18 ans, désire quitter le cocon familial. Lui qui soutient que les membres d’une même famille ne doivent avoir aucun secret les uns envers les autres en cache un bien lourd à la sienne. Son obsession de la famille parfaite le pousse à mettre en péril toute la stabilité acquise au fil des ans, mais également de vérifier la force de ses liens avec ses proches, précieux, qu’il appelle ses Dieux.
Réalisé par l’ancienne critique de cinéma Axelle Ropert, La Famille Wolberg a été présenté en Sélection officielle lors de la 41e Quinzaine des réalisateurs à Cannes. Le premier long-métrage de la réalisatrice n’est pas typique du cinéma français actuel et fait très certainement référence à l’humour juif – son personnage principal étant un juif ashkénaze – sans pour autant devenir un prétexte pour discuter de la Shoah.
Le film ne cesse d’opposer des personnages si fondamentalement différents, mais tous reliés de diverses façons : le tout se déroule entre le tragique du destin de Simon, qui voit son univers fragmenté, la joie de Delphine, sa fille aînée qui quitte enfin le cocon familial pour rejoindre son amoureux dans le nord du pays et la douce légèreté du frère de Simon, qui erre d’un lieu à un autre sans attaches.
Alors que le sujet est sérieux et terrible, Axelle Ropert le traite de manière humoristique et avec une douceur et une délicatesse qui sied bien à l’atmosphère qui se dégage de son long-métrage. On ne cesse de ridiculiser la relation extra-conjugale qu’a entretenue Marianne en revenant sans cesse sur le fait que Daniel est blond, qui rappelle une tradition humoristique de la culture juive, où le blond est un homme bourgeois aux diverses réussites.
Malgré le fait que le titre pourrait laisser croire le contraire, il ne faut pas s’attendre à une chronique familiale. Le film est très centré sur le personnage de Simon – magnifiquement interprété par le BelgeFrançois Damiens – et en fait sa figure principale.
À mi-chemin entre le comique et le tragique, La Famille Wolberg est attachante, mais il lui manque quelque chose pour nous séduire entièrement.
La Famille Wolberg, réalisé par Axelle Ropert, avec François Damiens, Valérie Benguigui, Léopoldine Serre et Valentin Vigourt, à l’affiche le 9 avril.

