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Coupure de 103 millions de dollars dans les bourses : L’endettement d’une génération

Pas moins de 10 000 étudiants ont envahi, le 10 novembre 2004, les rues du centre-ville de Montréal jusqu’aux bureaux du premier ministre Jean Charest pour protester contre les coupures de 103 millions de dollars effectuées dans les prêts et bourses alloués aux étudiants de niveau collégial et universitaire.

Insatisfait, un étudiant du conservatoire d’arts dramatiques de Montréal accompagné d’un bon nombre d’étudiants, a interrompu la soirée du gala des prix gémeaux pour protester contre cette coupure qui endette, aujourd’hui et dans le futur, les étudiants. Ils ont qualifié cette coupure d’ « atteinte à la culture », ce qui, à mon avis, n’est pas faux.

Suite à cette intervention, Émile Proux-Cloutier, l’étudiant qui a pris la parole devant les spectateurs et les caméras du gala des Gémeaux, a été invité à l’émission de Guy A Lepage, Tout le monde en parle, le 5 décembre 2004.

Lors de cette émission, Émile a expliqué ce qui se passerait désormais avec cette coupure. Voici en quoi elle consiste : En huit mois, l’étudiant type s’endettera désormais de 4920 dollars au lieu des 2240 dollars prévus avec l’ancien budget. Plus précisément, l’endettement moyen d’un étudiant au baccalauréat est ainsi passé de 13 000 dollars à 21 500 dollars soit une augmentation de cent pour cent. Cet endettement avoisine les 19 500 dollars dans les autres provinces du Canada.

La compression budgétaire dans les prêts et bourses effectuée dernièrement est contraire aux positions qu’au toujours prises la FAÉCUM (Fédération des associations étudiantes du campus de l’Université de Montréal) à propos de l’accessibilité financière aux études et fait peser le poids du sous-financement public du réseau de l’éducation sur les épaules des étudiants les moins bien nantis, ceux qui bénéficient du programme de prêts et bourses.

Cette coupure, en plus d’endetter les étudiants, remet aussi en question le choix de plusieurs d’accéder aux études post-secondaires. Vraiment, pourquoi s’inscrire au CEGEP, puis à l’université si l’on sait que l’on en sortira très endettés ? Parfois, je me le demande …